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HOMMAGES & TEMOIGNAGES
 à titre posthume

Camille Claus

 

         

 

       

CAMILLE CLAUS prolonge ses songes sur son île...

La disparition de cet artiste peintre et écrivain alsacien très estimé, tant au niveau personnalité qu'au  niveau artistique,
attriste ceux qui l'ont admiré, côtoyé, connu. J'ai suivi son parcours, ses expositions, son évolution durant plus de deux décennies
en appréciant ses créations et sa grande humanité...

Je le remercie d'avoir contribué à la page-portrait de netcomete en 2000 



... et voulais lui rendre hommage en lui offrant ce site plus complet fin 2005.

 Dire simplement que c'est quelqu'un que j'aime beaucoup.  

Elisabeth MESSMER


       
         

 

     

 

       
          Sonja GUERRIER
Uttwiller

Enseignante 
Adepte de  poésie, de littérature, d'art...
et des Weepers Circus...
Créatrice des recueils"Encres Jetées"  
(déjà 8 volumes en 2007)
                 
           


"Encres Jetées" - Recueil VII - Couverture CC 
(Contact)

J'aimais son sourire taquin, sa générosité et la confiance qu'il avait en moi :
 toujours partant pour les projets que je lui ai soumis. 
C'est quelqu'un qui a ajouté sa touche d'artiste, de la légèreté
dans "Encres Jetées"  et je l'en remercie du fond du coeur.

C'est avec un plaisir à chaque fois renouvelé que je relis des passages
 des trop rares lettres que j'ai reçues de lui. 
Par cet  aphorisme reçu le 5 octobre 2004, il nous  renvoie à ce qui est essentiel puisque le passé et l'avenir nous échappent, il faut essayer de vivre le présent
 autant que faire se peut :

2007

         
                             
         

Simone MORGENTHALER
Strasbourg

Journaliste-Animatrice  sur France 3 Alsace 
et France Bleue Alsace 
Auteure de nombreux ouvrages.

 

 

 

 

         
         

 

 

 


Avril 2007 : Simone publie un récit
 qui évoque longuement 
Camille Claus et son départ :

"Retour à Bellagio" 
(Editions La Nuée Bleue)

Voici des phrases qui me viennent spontanément 
lorsque je pense à Camille Claus 


J'aimais tout en Camille Claus : 
son visage émacié, son regard, son sourire, sa fine silhouette, son timbre de voix,
 toutes les phrases qu'il disait. J'aimais aussi son écriture. Toute phrase dite ou écrite par Camille était belle. Elle avait un sens. On oublie souvent que, à côté du peintre,
 il fut un homme d'écriture
. Chaque jour, il prenait sa plume et écrivait des mots profonds sur les instants vécus, des réflexions sur la vie,
 sur une sensation ou un sentiment.

Je savais qu'il aimait les pommes, sous toutes les formes, crues ou cuites.
 Elles ne faisaient pas de mal à son estomac fragilisé par les années à Tambov.
 Comme j'ai un verger avec de vieux pommiers, j'aimais lui déposer sur le pas de porte un cageot de pommes en septembre, sans sonner. Parfois j'y ajoutais un pot de compote de pomme parfumée à la vanille. Il aimait ce geste qu'il percevait comme un cadeau en prévision de son anniversaire (le dernier jour de septembre). Peu de jours plus tard, je recevais sa réponse. Je reconnaissais d'emblée sur l'enveloppe sa belle calligraphie. Lorsque je la reconnaissais, mon coeur ressentait une pression de joie. J'ai gardé toutes ses lettres, comme des cadeaux rares. Il m'arrive de relire ses phrases sereines,
 simples et justes.

Camille me pria un jour de passer chez lui. Il m'offrit un dessin à l'encre de Chine qui lui fut inspiré par mes pommes. Le tableau représente trois pommes posées dans une coupe, elle-même posée sur trois collines de faible déclivité. Une 4e pomme (à moins que ce ne soit la première) est posée au pied de la coupe. Derrière elle, jaillit une lumière vive rouge. Au-dessus de la lumière une main aux doigts effilés se tend comme si elle allait en saisir une. Camille a écrit le titre suivant sous cette oeuvre : "l'impossible réel".

Lorsque j'ai appris sa mort, j'étais en route pour les Alpes. Camille m'a accompagnée pendant toutes mes marches d'altitude. Je sentais sa présence lénifiante alors que mon regard partait loin vers les glaciers, vers le bleu du ciel et les nuages moutonnants.

Depuis qu'il est parti, je suis repassée quelquefois devant sa maison comme
 si elle m'aimantait. Le lilas est à la même place. Le forsythia n'est en rien altéré.
 L' arbre à papillons fleurit comme si de rien n'était.

Et pourtant il n'est plus là.

Et pourtant il est présent en moi si fort comme s'il resplendissait de vie.

Je lui dis : "Merci Camille d'avoir été ce que vous fûtes.
Merci d'avoir été cet exemple de vie
".

3e trimestre 2005

 

       
                             
          Marc LEDOGAR
Eauze

Artiste-peintre 
                 
         

 


www.art-ledogar.com

Je suis très heureux que cette page web "souvenir" existe pour Camille Claus.  

Personnellement je venais chez lui de temps en temps pour confronter
 mon art à son regard.
J'avais besoin de lui car "il ne me faisait aucun cadeau".
 Je dois avouer qu'il me fallait son regard, sans perdre de temps ni pour lui ni pour moi.
  Il m'a fait évoluer sans aucun doute. La dernière fois qu'on s'est vus (un an avant sa mort), j'avais fait le voyage de Chartres à Strasbourg. 
Un jour, je lui avais rapporté une affiche des chanteurs de la Cathédrale
 dont il ne possédait aucun exemplaire et que j'avais - en tant qu'étudiant - arrachée d'un mur. Il était content de l'avoir  et  je suis satisfait de l'avoir fait - c'était important pour lui,  je le sais -... mais j'ai eu droit a une sacrée leçon de morale ! 

Il reste un maître pour moi - chrétien comme moi; mais difficile à "dérider"
 et toujours en souffrance surtout lorsque sa femme Angèle est décédée
 et qu'il se trouvait seul. Mais c'était aussi le peu de confiance en lui ?
Voilà, mon modeste témoignage mais je pourrais en parler durant des heures ...

  L'essentiel c'était ce qu'on se disait en se regardant dans les yeux...
sans mensonges... ni détours.


2006

         
                             
          Maria BERNARD
Strasbourg

Née le 3 juillet 1913, Maria a fêté ses 100 ans !
 Elle est actuellement résidente d'une maison de retraite à Strasbourg. et continue à lire... et à écrire des poèmes
  en français comme en alsacien. 
Elle apprécie également de traduire
 des morceaux choisis de Germain Muller ! 
Pour ses 100 ans, elle a publié à compte d'auteur un ouvrage
 "Dans mes souvenirs" où elle témoigne de son vécu
 durant la seconde Guerre mondiale
.
                 
           


Maria -2013
 (Photo prise par son petit-fils, Vincent FROEHLICHER - ADIRA)

Sa fille Marcelle et son gendre Raymond FROEHLICHER
 habitent à Saâles
 et restent très présents à ses côtés. 

 Le témoignage-hommage ci-contre est né
d'un questionnaire que j'avais proposé.
 Il est la synthèse que j'ai réalisée à partir
des diverses réponses
 dont Marcelle Froehlicher a pris note. 
D'ailleurs, elle nous précise qu'en écoutant 
sa mère à propos de Camille Claus,
 elle a senti un élan de grande sympathie
 fondé sur l'admiration
 et des échanges profonds sur le vécu de chacun :
 une vraie communion entre deux êtres.

 


Raymond Froehlicher a scanné de belles lettres
 dont voici quelques courts extraits 
publiables sur internet :

 

Extrait d'une lettre de Camille Claus
 (datant du 22 septembre 2004)

Extrait d'une lettre de Camille Claus
 (datant du 30 mars 2005)

Extrait d'une lettre de Camille Claus
 (datant du 16 avril 2005)

 

 


 

Mon mari, Alexandre BERNARD est décédé en 1993.Quelques années auparavant,
alors qu'il était retraité, il avait eu l'opportunité d'assurer la surveillance d'une exposition
 de Camille Claus; Il avait été très impressionné par ses peintures, il me les a évoquées avec enthousiasme;  c'est à ce moment que j'ai entendu parler
 pour la première fois des oeuvres de Camille.

 Cependant mes premiers vrais contacts avec le peintre se sont faits plus tard, en 1998,
grâce à  Rosario, ma femme de ménage, qui travaillait également chez Camille.
Elle me parlait de lui en me disant qu'il était âgé,
 seul, pessimiste et pas très heureux.
Cela me touchait et me ramenait aux propos admiratifs de mon mari
pour le travail de l'artiste.
Je pris alors la décision de confectionner régulièrement des gâteaux
 que je lui faisais porter par Rosario qui se chargeait aussi de le saluer de ma part.
C'est ainsi que Camille eut l'occasion de me remercier en m'envoyant une carte
 de temps en temps, me donnant des nouvelles de son travail, puis il me fit part de croquis et de textes personnels; et par la suite, il m'offrit même des livres.
 Je répondais à mon tour pour le remercier et converser par écrit.
Ces échanges épistolaires nous convenaient, venaient du coeur
 et ont duré sept ans, jusqu'à son départ en 2005.

Nous ne nous téléphonions pas, nous ne nous invitions pas chez l'un ou l'autre;
 par contre, nous avons eu l'occasion de discuter un peu en direct lors d'expositions
 à l'Eglise Sainte-Foy de Sélestat, à la librairie Kléber de Strasbourg
 ou encore dans la chapelle des Annonciades à Haguenau...
Dès mon premier contact, j'ai éprouvé une grande admiration.
  J'ai été impressionnée par sa passion. C'était un grand esprit !
Je ne connaissais pas tous ses nombreux tableaux 
mais ceux que je voyais dans les expositions,
dans ses livres ou ceux qu'il me faisait découvrir par le biais des photos qu'il m'envoyait.
J'aimais beaucoup sa délicatesse et le côté ascétique voire mystique
 de ses dernières créations.
Bien entendu je prenais aussi plaisir à lire ses articles, ses livres.

Pour revenir à nos écrits mutuels, nous échangions sur tout, 
ouvertement, comme des amis
,
 mais nos sujets de prédilection étaient l'art, la littérature, la religion,
 nos familles respectives tout comme la  maladie.
Tous ses mots me semblaient inspirés mais pas toujours très optimistes..
 J'essayais alors de l'amuser et de lui donner du courage, de le raisonner...

Il m'a vraiment apporté beaucoup d'amitié. Il se confiait beaucoup.
et je pouvais le comprendre comme nous étions
 dans la même tranche d'âge, de la même génération
 et que j'avais une sensibilité artistique, un attrait pour l'art; même si mon sens artistique n'était de loin pas au même niveau que le sien !
 
De mon côté, je pense lui avoir prêté une oreille attentive et désintéressée,
mais surtout apporté de l'optimisme, de la confiance en la vie, du soutien moral.

Ses confidences sur la vie étaient émouvantes. 
Et ce buisson qu'il entretenait et sous lequel reposaient
 les cendres de son épouse Angèle me reste gravé dans les souvenirs puissants.
Ce qui m'a beaucoup touchée aussi, c'est qu'il a intitulé l'un des ses tableaux
 "Je vous salue Marie"... en me précisant que c'était à mon intention.

 A un moment, j'ai parlé de l'histoire du chat à Camille.
 Une anecdote que je reprends dans mon fascicule (''Dans mes souvenirs") :
alors que nous étions expulsés d'Alsace pendant la guerre, nous nous sommes retrouvés à Lunéville... Notre voisin notaire  avait un très gros chat
 que nous avons mangé lors des famines de 1944.! 
Camille m'a répondu qu'il avait aussi mangé du chat à Tambow, 
mais qu'il n'était pas aussi gros que le nôtre !
 Il savait parfois rajouter une dose d'humour (noir) aux faits terribles.

Autre détail qui me fait sourire :
après
une exposition que j'ai visitée sans avoir pu le saluer
 (en fait, je l'avoue, je me sentais quand même intimidée en sa présence), il m'a écrit :
:"Je croyais avoir vu un ange, mais il est parti tout de suite !"

Il m'est aussi arrivé d'envoyer des dessins personnels 
 ou des compositions à Camille... En récompense, cette remarque : 
" Si vous passiez l'examen pour entrer à l'école des Beaux Arts,
 vous seriez sûrement reçue !"
Il savait être drôle et encourageant à son tour !.

Cependant son départ n'a pas été une surprise.
 Je ne voulais pas y croire bien entendu,
même si je redoutais sa fin tragique. J'ai été très peinée.
Sa tristesse, son obsession me semblent être dues à son séjour à Tambow
 où il a subi des blessures insurmontables.
1

SI je devais qualifier Camille en quelques mots, ce serait :
peintre extraordinaire, émouvant, écrivain, poète... et Tambow.

Bien entendu, je garde près de moi des dessins et des textes 2
 que j'affectionne tout particulièrement.

Si je pouvais encore lui dire une chose que je ne lui ai jamais avouée :
 c'est qu'il a été un véritable ami pour moi...

Décembre 2013

1 - Voir à ce propos la rubrique livres de ce site, 
en particulier le roman d'Alfred Kern : "Le bonheur fragile" 
 qui a obtenu le prix Renaudot en 1960
 et qui évoque les difficultés de Camille Claus à son retour de camp.

2- Maria précise qu'elle avait prêté certains des originaux à une dame qui lui rendait souvent visite; cette dernière lui a rendu des photocopies. Cette personne a été atteinte de la maladie d'Alzheimer et son fils n'a trouvé aucune trace des lettres ! 

         
                             
          Sébastien VOINIER

                 
           

Je suis heureux de voir que l’on ait pensé à faire un site sur Camille Claus, un homme dont la philosophie de vie devrait imprégner chaque être sur terre.

J'ai eu la chance et l'honneur avec mon épouse Audrey de pouvoir connaître cet homme, dans un lieu ou pourtant personne n'aurait pu le prévoir;  le hasard, le destin peut-être... Mais, me direz-vous, c'est normal de rencontrer Camille devant des tableaux de Kandinsky, oui, mais au beau milieu d'une clinique ? En effet, j’ai partagé la même chambre à la clinique de l'Orangerie. Camille y venait pour se faire opérer de la cataracte et moi de deux morceaux de verre logés dans mon pied.

Vous me direz : " bon pied, bon œil ", eh bien oui car nos opérations respectives se sont bien passées. Cette rencontre restera gravée pour toujours dans ma mémoire !

Ma femme et moi avions l'âge d'être ses petits-enfants et lors de notre rencontre avec Camille, nous ne savions pas que nous étions avec une Personnalité.

Les moments passés avec lui à la clinique ont été très intenses par la sagesse de ses mots et de ce qu'il dégageait. On avait l'impression d'être dans un autre Monde face à Camille, on avalait ses paroles pleines de bon sens sur la vie, se disant que le temps ne serait pas assez long pour apprendre...

Etant opéré du pied il me fallait des béquilles et Camille s'est proposé de suite de me prêter les béquilles de sa petite fille ! C’est ainsi que l'on a pu encore vivre quelques instants avec Camille tout en ne sachant pas qui il était vraiment.

Ce n'est qu'en revenant chez ma belle-mère que ma femme Audrey et moi lui racontons notre belle rencontre en lui annonçant que ce monsieur s'appelait Camille Claus. 

Quelle ne fut pas notre grande surprise quand elle nous apprit que c'était l'un des plus grands peintres d'Alsace ! Nous étions bouche bée, comme des personnes sans culture, mettant cela sur le compte de notre" jeunesse".

C'est comme cela que nous avons connu Camille Claus. Par la suite nous sommes restés en contact, un peu grâce aux béquilles !

Mais nous sommes surtout allés à plusieurs de ses expositions, nous permettant d'approcher cet être exceptionnel et ainsi de le connaître un peu mieux par ses œuvres, car les moments passés avec lui sont inoubliables. Il est même venu manger à la maison ; alors qu'il disait qu’il n’aimait pas trop les endives, il a beaucoup apprécié ma recette à base de ce légume, ou alors il a été très poli !

Aujourd'hui nous ne sommes plus sur Strasbourg, nous habitons dans le Nord mais nous pensons souvent à Camille, c’était un peu comme un grand-parent. Même s'il n’est plus présent physiquement il le restera à jamais dans notre cœur car il était comme une personne de notre famille; ce grand philosophe avec son regard nous a apporté de la sagesse dans notre vie.

Aujourd’hui, Audrey et moi, avons deux petits garçons dont l’un porte
 comme  2e prénom : Camille
.

Septembre 2016

 

         
                             
          Sylvie JAMING
Paris
                 
           

Samedi, 1er octobre... pour un week-end de retour au pays. Comme d'habitude j'achète
 les DNA et le Républicain Lorrain pour avoir des nouvelles du pays !

"Hommage à Camille Claus qui n'est plus parmi nous depuis cet été..."

Vite, il fallait que je rouvre son livre ''Eau" et sa dédicace pour pouvoir retrouver
 son écriture. Au-delà de tout ce que l'on peut peindre sous de multiples formes, je trouve que l'essentiel de l'être reste dans l'écriture et bien entendu aussi dans les dessins.

Il y a bien longtemps il m'avait fait l'honneur de me conseiller, de m'accompagner
 lors de l'accrochage de mon exposition à la maison d'art alsacienne (l'AIDA)
 avec cette présence bienveillante si légère qui lui était si particulière.

D'un commun accord, dans un grand éclat de rire nous avions accroché trois tableaux un peu en biais, comme si une légère brise passait, et un petit quatrième tout droit
 pour terminer par une révérence, point final !

 Décembre 2005

         
                             
          Angel ALVAREZ
Paris
                 
           

J'écris ces quelques lignes pour honorer la mémoire d'un homme qui a su naviguer
 dans le fleuve des arts, avec une telle poésie que mes souvenirs aujourd'hui
 sont pleins de couleurs
. Je voudrais parler d'un mythe alsacien de connotation grecque qui a laissé en moi l'empreinte d'un génie. J'aurais voulu pouvoir naviguer plus de temps dans son monde, mais la mort a prévu pour lui une croisière infinie...

Je salue le poète, j'honore le peintre et je pleure l'homme.

         
                             

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